Colère et violence ne sont pas synonymes!

La colère a mauvaise presse, depuis aussi loin que je me souvienne j’ai toujours entendu qu’elle devait être contrôlée, ou canalisée, étouffée. Le but est de la faire taire, car elle dérange.

Le problème en refoulant cette colère c’est qu’elle sort fort ensuite. Beaucoup trop fort et donc violemment.

L’éducation bienveillante pour certains donne l’impression que la colère est absente chez le parent. Que les parents ne sont jamais en colère. Non, la colère comme toutes les émotions est au service de la vie. La colère sert à prendre sa place. Elle dit « j’existe »,  » je suis là ». La colère sert à crever l’abcès dans une relation. La colère, c’est de l’énergie pour nous prendre en compte. Enfants comme adulte.

Ne pas crier sur ses enfants ne signifie pas ne jamais être en colère. Cela signifie ne pas se défouler avec violence verbale ou physique sur eux. Mais la bienveillance ne se fait pas sans ton ferme. Nous aussi en tant que parent nous avons une place et nous existons. Et il est important, pour le respect mutuel, que l’enfant l’intègre. La violence est nuisible, pas la colère. Lorsque nous ne nous sommes pas écoutés longtemps, nous réagissons non pas avec colère mais avec violence. Nous avons trop attendu. Au bon moment, dire son mécontentement sans blesser l’autre est possible. C’est certes un chemin parfois semé d’embûches après des années à s’oublier, à se cacher, à baisser la tête. Si nous permettons à nos enfants de vivre leurs émotions, permettons nous la même chose.

Car j’insiste bien sur le fait que cette colère est nécessaire. L’enfant va aussi avoir besoin de trouver sa place, prendre sa place, dans la famille , à l’école, et dans la société. Nous allons lui laisser sa place mais les conflits dans la fratrie et leur façon de les gérer vont aussi construire des compétences nécessaires adultes. Si nous intervenons sans cesse par exemple, que vont ils apprendre sur cette gestion du conflit? Bien sur nous n’avons pas à les laisser se taper dessus, il existe un juste milieu. Le but n’est pas de les élever dans le monde des bisounours et d’en faire des victimes ne sachant pas se défendre. Tolérant l’intolérable. NON. J’ai envie que mes filles se respectent, respectent l’autre ET se fassent respecter. Toutes ces notions vont ensemble. Et je souhaite qu’elles intègrent bien que cette colère sert à ça. Dire ce qui nous va ou pas. A temps. Avant de bouillonner. L’éducation bienveillante n’a pas pour vocation de faire des enfants naïfs et craintifs face à un monde brutal. J’ai aussi envie qu’elles apprennent à se positionner, sans écraser l’autre et sans le rabaisser. Le juste équilibre est parfois difficile à tenir quand moi encore il m’arrive de ne pas toujours dire à temps, ou que je préfère fuir devant l’inutilité parfois de discuter. Oser dire son point de vue. Comprendre que nous pouvons être en désaccord et quand même se respecter, c’est un travail quotidien. L’un n’a pas le dessus sur l’autre, il s’agit juste de 2 avis, qui ne parlent pas de nos valeurs respectives.

Prendre sa place, pour une fois que nous l’avons, la garder. Pour une fois que nous sommes sûrs d’avoir le droit d’exister, nous ne montions plus dans les tours. Savoir dire un grand oui et oser dire non. Dire stop. ETRE SOI.

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On chemine ensemble.

Stéphanie S.

Un commentaire

  1. Bonjour, c’est vrai qu’on imagine souvent le parent zen non stop avec l’éducation bienveillante, ça mets la barre très haute!!
    Donc si j’ai bien compris : faire sortir la colère sainement c’est juste le dire calmement avant que ça pete ??

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