Le test de QI, la confirmation.

Il y a 2 ans, j’ai lu le livre de Christel Petitcolin « je pense trop ». Une révélation. Des pages entières à pleurer, des mots enfin sur mon ressenti. Surefficiente. Voilà le mot qu’elle a choisit. Dans une société de 80% normopensants, je pense différemment. Ni mieux ni moins bien. Différemment. Une pensée en arborescence qui part dans tous les sens. Une sensibilité à fleur de peau autant émotionnelle que sensorielle. Une connexion rapide des idées.
J’ai pleuré, tellement pleuré. De comprendre enfin qui j’étais. De toucher du doigt les réponses que je cherchais. Moi qui m’étais souvent vue comme un ovni. Incomprise dans mes réactions et dans mes émotions. Submergée littéralement. Des études que je trouve classiques, un parcours sans souci, sans briller particulièrement. Une jeune fille studieuse, responsable, timide en classe. Un parcours banal selon moi.
Et pourtant, toujours présente, la peur d’échouer à cause de cette perfection en ligne de mire. Les doutes constants. La conscience de voir ce qui ne va pas encore assez bien à mon goût sans savourer ce qui est déjà positif. Une exigence exacerbée envers moi et sûrement envers les autres. Une incompréhension de leurs modes de fonctionnement. S’adapter à eux oui, se cacher, se taire, faire pareil. Une furieuse envie d’être aimée. Se fondre dans le moule. Ne pas faire de vague. Des remises en question perpétuelles pour comprendre ce qui coince.
Après 2 ans de lecture, de reportages sur le sujet et après le diagnostic de Melle 6 ans, j’ai finalement trouvé le courage de faire ce foutu test de QI. Quelle prétention de se croire « hors norme ». J’y suis allée la boule au ventre. Des mois, des années de réflexion avant d’oser. Et finalement pourquoi y être allée ? Je savais, j’étais persuadée que je l’étais mais ce n’était qu’une intuition. Un ressenti d’une puissance inouïe mais aussi la peur viscérale du résultat. Le corps sait, la tête refuse.
Et puis pour avancer, la connaissance est obligatoire. 2 ans à tourner autour du pot. À pleurer en y pensant. Ça va vraiment être écrit quelque part? Et si j’echoue? Si je me trompe? Si toutes ces intuitions, tous mes ressentis étaient faux? Et surtout, et s’ils étaient vrais ? Quelle sera la suite?
Sur un coup de tête, j’ai pris rendez vous…et j’ai fait ce test. Rien qu’en faisant ce test j’ai déjà compris des choses sur moi. Car finalement le but c’etait ça. Me comprendre. Avancer en conscience. Ne plus marcher à l’aveugle. Si la connaissance et la conscience peuvent faire peur, elles sont libératrices car elles permettent d’avancer au moins dans la bonne direction. J’avais lu toutes les caractéristiques et la j’étais face à moi même. Face à mon mode de fonctionnement. Je me suis vue décrocher quand je ne voyais pas le sens de l’exercice. Je me suis vue remettre en question le bien fondé d’un exercice sans pertinence à mon goût. J’ai compris que les choses avaient toujours été faciles pour moi et que du coup ma résistance à l’effort était faible. Je croyais que j’avais une mauvaise vision dans l’espace, je me trompais.
Rien que pendant le test j’en ai appris beaucoup sur moi. 3 semaines d’attente de résultats. Et enfin le verdict. Haut potentiel confirmé. Pffff quelle prétention d’avoir fait ce test. Je me sentais différente, inadaptée parfois, incomprise, frustrée aussi souvent. Ce chiffre peut importe au final. J’ai eu la réponse à mes questions. Et cette réponse à amener son lot de questions ensuite. Je digère. Comprendre qui l’on est et son mode de fonctionnement est une clé pour l’acceptation de soi. Ce test était uniquement dans ce but.
J’ai compris qu’encore souvent je me flagellais de ce décalage, que je visais encore trop la perfection. Qu’à vouloir mettre de la lumière dans mes zones d’ombre, qu’à vouloir améliorer ce qui était selon moi pas assez bien, j’en oubliais tout ce qui était « extraordinaire ». J’ai appris à voir le verre à moitié plein pour le quotidien et pas encore assez pour moi. Je vois encore trop souvent le chemin qu’il me reste à accomplir et non celui déjà réussi. Changer mon spectre. Voilà ce que j’attendais de ce résultat. Une validation de mon ressenti et une confirmation écrite de ce haut potentiel, de ce décalage avec la norme. Et pourtant en ayant le résultat, je mesure encore combien il m’est difficile de trouver cela « bien » et encore moins capable d’entendre que c’est « exceptionnel ». Exceptionnel dans le sens RARE. Pas dans le sens meilleur. Différent. Pour moi c’est la norme, ma norme. J’ai du mal à comprendre et accepter que ça ne soit pas la norme de tout le monde. Au delà du chiffre, moi qui ai toujours tellement voulu appartenir au groupe, me fondre dans la masse, j’ai du mal à entendre mon individualité. Mais sûrement que prendre ma place et l’accepter passe par là. J’en suis même sûre d’ailleurs. Sans supériorité aucune. Juste accepter une façon de penser différente et les inadaptations qui peuvent en découler. Dans une société cartésienne, de cerveaux gauches, logiques, mon cerveau droit émotionnel prend le dessus. C’est juste l’appréhension du monde qui est différente. Mesurer ça est important pour moi. J’avais besoin de comprendre pour m’aimer.
Se comprendre pour avancer et se libérer. Ne plus lutter, moins douter. Vivre en conscience de qui on est. Assumer. Être.

Stéphanie.

3 commentaires

  1. C’est marrant comme je me retrouve dans beaucoup de traits que tu décris!!
    Pourtant je ne pense pas tout être haut potentiel ou quoi que se soit, mais c’est troublant et ça me fait réfléchir..
    qu’est ce qui t’as poussé vraiment, tu « vivais mal » tes ressentis à la base ?
    En tout cas c’est bien pour toi si ça réponds enfin à tes interrogations !

  2. Bonjour,
    Merci pour ces mots. J’ai eu le même chemin l’an dernier. Vous l’avez décrit avec les justes mots, c vraiment c que j’ai vécu et ressenti.
    Merci et, bienvenue dans le groupe des  »hpi, zèbres… »
    Belle continuation.

  3. Un très bel article dans lequel je me retrouve tellement. J’ai moi aussi été « diagnostiquée » haut potentiel par une Sophrologue qui l’est et après avoir lu 3 bouquins sur le sujet même révélation. Un vrai chamboulement mêlé au soulagement, une nouvelle lecture de ma vie, pour moi qui m’étais toujours sentie différente, trop sensible et souvent inférieure aux autres. Mais le test n’a révélé que des résultats hétérogènes qui ne permettent pas de confirmer le haut potentiel. Une grosse déception et frustration difficile à digérer… mais une conviction intérieure de l’être tellement tout ce que j’ai appris à ce sujet m’a touché et parlé. Le but est effectivement de s’accepter soi avec ses propres normes et ne pas se laisser définir par un test finalement… Apprendre à accepter son hypersensibilité et la voir avec bienveillance, pour l’utiliser plutôt que la juger. Cette démarche m’a aussi permis de « détecter les autres HP », mieux comprendre, et réaliser que nous sommes certainement plus nombreux que ce que les statistiques le disent…

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