Désaccord ne veut pas dire désamour.

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Pourquoi avons nous si peur des opinions contraires aux nôtres ? Je pense qu’il est intéressant de regarder du côté de la confiance en soi et des peurs qui se cachent derrière.

Je viens de passer 2 jours à Vienne avec un ami, Autrichien, avec qui j’ai eu des discussions très enrichissantes et aussi très animées parfois car nous n’étions pas d’accord. Je me rends compte du chemin parcouru entre aujourd’hui et quelques années en arrière!
Il fut un temps où je ne disais que ce que les gens voulaient entendre. Je doutais de moi et j’avais peur de dire une bêtise ou que mon propos tombe à côté, de blesser l’autre… Et en creusant, j’ai compris que ma plus grande peur c’était que l’autre ne m’aime pas. Je préférais donc soit me taire, soit éviter le sujet, soit sourire. Avec le recul, cela me paraît dément. Et pourtant, je l’ai fait lonnnnngtemps.

Ensuite j’ai eu besoin de convaincre l’autre. J’ai commencé à m’aimer et j’assumais mes idées mais j’avais toujours besoin que l’autre m’aime, je voulais qu’il adhère, qu’il soit d’accord avec moi. Quelle énergie cela pouvait me faire dépenser !!
Et puis de plus en plus, j’écoute les propos et je n’ai pas toujours envie de répondre. Je me sens plus sereine avec moi et plus en amour avec moi, j’ai moins besoin que l’on m’aime absolument parce que je commence à faire la paix avec ma petite fille intérieure et je peux écouter en étant moins activée quand je sens que nous ne sommes pas d’accord. Entre autre sur l’éducation, mais pas que. En gagnant en amour pour moi, j ai gagné en confiance en moi.

Et puis, devons nous être d’accord sur tout avec tout le monde?
Je pense que chacun peut avoir ses convictions sans empiéter sur l’autre. Lorsqu’il s’agit d’une personne lambda, c’est plus facile. Cela se complique quand il s’agit de notre famille, mari/femme, ou enfants. Et pourtant, désaccord ne veut pas dire désamour. L’important dans tout ça, c’est le respect. Respect pour les idées de l’autre et Respect de soi. Savoir que personne n’a a abandonner ses idées au profit de l’autre. Comprendre que s’il résiste cela ne veut pas dire qu’il ne nous aime pas ni que nous faisons fausse route. Nous ne faisons pas UN avec l’autre, quel qu’il soit. Chacun arrive avec son histoire, ses limites. Chacun est en chemin, sur le sien et même si nous visons le même but, chacun marche à son rythme. Nos chemins se croisent, s’éloignent et se recroisent. Nos vies sont entremêlées et pourtant nous sommes des êtres distincts les uns des autres. Alors pourquoi est ce si dur d’admettre qu’une personne proche de nous ne soit pas d’accord?

Sûrement par manque de confiance en nous et notre envie que l’autre adhère à nos propos pour les justifier, pour se sentir compris et épauler. Aussi car nous pensons que si nous avons les mêmes idées cela veut dire que nous nous aimons. Peut être qu’enfant nous n’avions pas le droit d’avoir nos propres opinions et que nous devions faire ce que l’on nous disait ou ce que l’on attendait de nous, cet amour conditionnel a laissé des traces. Et aujourd’hui oser dire notre désaccord est comme un saut dans le vide, vers l’inconnu. Et pourtant, à chaque pas vers l’inconnu nous avançons vers le connu.

Certainement aussi car désaccord rime avec conflit dans nos têtes. Et le conflit fait peur. Pourtant en CNV, on nous dit que le conflit amène la confluence. Le conflit et la colère aide la relation car ils permettent de crever l’abcès. De dire les choses calmement en terme de besoins et non en blâmant l’autre. Et quand désaccord il y a, au lieu de rester chacun dans l’incompréhension nous pouvons même sans adhérer mieux comprendre l’autre. Car pour comprendre l’autre et où il en est, nous n’avons pas besoin d’être d’accord. Quand nous acceptons le désaccord, une autre étape arrive, celle du dernier mot. Comme si avoir le dernier mot lorsque nous sommes en désaccord revenait à prouver notre supériorité. Comme si avoir ce dernier mot laissait l’autre sur la touche. Revenait à gagner la manche dans cette bataille de mot. Et s’il est désagréable de voir quelqu’un tourner les talons sans se soucier de la discussion dans l’indifférence générale, cela l’est tout autant de vouloir toujours conclure la discussion. Pourquoi vouloir être supérieur encore une fois? Si ce n’est par manque de confiance en soi. Un besoin de prouver à l’autre que l’on existe? Ou plutôt un besoin de nous prouver que nous existons?

Encore une fois, revenir à soi est essentiel. Et lorsque nous aurons assez de force et de confiance en nous,nous n’aurons plus besoin de nous battre avec l’autre pour ce dernier mot ni pour nos opinions. Nous ne nous sentirons ni faibles de laisser ce dernier mot ni mal aimés et incompris d’être en désaccord.

Aimons nous et respectons nous, chaque jour un peu plus pour aimer et respecter l’autre chaque jour un peu plus.

Belle soirée. Stéphanie.

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