Éduquer à être imparfaite.

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Vous sentez ce poids de la perfection sur vos épaules ? Aujourd’hui, nous devons être des mères parfaites, des épouses parfaites, des femmes parfaites. Tenir la maison, faire du sport, être belles, minces, agréables, faire le repas -bio !-, s’occuper des enfants, des amis, de la famille, sourire, être cultivées, de bonne humeur, maquillées, épilées, disponibles.
Aujourd’hui, combien de mamans sont satisfaites d’elles-mêmes ?
Sommes-nous toutes défaillantes ou plaçons-nous « juste ! » la barre trop haut ? Nous sommes inlassablement dans une quête de perfection et de contrôle.
Si j’étais la seule, je pourrais me dire que cela ne vient que de moi et de mon histoire mais nous sommes si nombreuses…. je l’entends partout, tous les jours. On s’en demande toujours plus.
Insatisfaites vous dîtes ? Ça vient de nous ou y aurait-il une explication dans notre éducation? Pourquoi les hommes ne ressentent-ils pas cela ou si peu ?

Les filles sont élevées pour être parfaites et les garçons pour être courageux.
On pousse les garçons à tester, à se lancer. Ils ont l’étiquette solide de  casse-cou pendant qu’on demande aux filles de sourire poliment, d’être belles, responsables. Pendant que les garçons explorent, les filles ne doivent pas se salir.
Pendant que les garçons jouent à la bagarre, les filles jouent à la poupée et à la dînette. (J’exagère ? Si peu…)
On félicite un garçon qui s’affirme quand on demande aux filles de chuchoter, d’être discrètes.
On félicite les garçons de prendre des risques alors qu’on dit aux filles que c’est dangereux et qu’il faut être précautionneuses.
On élève les filles à être parfaites et les garçons à être téméraires.
La conséquence de tout ça?
Les filles se lancent moins. Nous attendons la perfection, la maîtrise ultime pour faire, pour être satisfaites. Nous n’avons pas appris le droit à l’erreur, toute notre vie a été mesurée, surveillée, contrôlée.

À capacités égales, l’homme se nourrit du challenge alors que la femme abandonne plus vite face à son éternelle quête de perfection.
Face à l’échec, l’homme dira que le système A un problème. La femme pensera qu’elle EST le problème. Nous nous remettons en cause alors qu’ils remettent en cause le système.

Je suis maman de deux filles. Ce conditionnement n’est pas une option que je souhaite pour elles. Je me débats et j’avance pour me libérer de ma quête de perfection, afin de ne pas la leur transmettre. Je ne souhaite pas non plus que les idées reçues le fassent à ma place.
Je souhaite qu’elles prennent des risques, qu’elles tombent et qu’elles se relèvent.
Qu’elles expérimentent l’erreur comme un processus pour avancer.
Qu’elles gardent leur courage naturel.
Je souhaite qu’elles tâtonnent. Je souhaite qu’elles osent.
Qu’elles échouent et qu’elles recommencent jusqu’à satisfaction.

Je souhaite les éduquer à être imparfaites, à s’accrocher à leurs rêves, à persévérer, à croire en elles, à avoir la force et le courage d’avancer.

Pour ça, je leur montre, nous leur montrons, qu’elles sont aimées et respectées en étant imparfaites. Pour que plus tard, elles puissent être fières d’elles et qu’elles puissent s’aimer même « imparfaites », qu’elles ne soient pas constamment en quête de plus ou mieux.

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Stéphanie Saincy.

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