Faut-il rester pour les enfants?

0
3035

Heureux ensemble ou séparément mais heureux.

Voilà ce que j’avais en tête au moment où je me décidais à quitter le père de mes enfants. Les enfants sont conditionnés par ce qu’ils voient, le bon comme le moins bon. Comment leur transmettre la joie de vivre quand on ne la ressent pas ? Comment les élever vers le bonheur si nous même nous ne le sommes pas? Attention, je ne parle pas d’une quête extrême et permanente, ce serait une illusion de leur faire croire que l’on est 100% heureux 100% du temps. Mais par contre, on a le choix. Toujours. Il y a des solutions. Toujours. Encore faut il oser les prendre et les voir. C’est ce que je souhaite leur transmettre. Alors rester dans une situation qui ne me convenait plus malgré les efforts, n’était pas envisageable pour moi.

Oui mais sommes nous sûrs d’être plus heureux en partant ?

Bien sûr que non. C’est la grande inconnue. Une séparation entraîne une foule de changements. Certains que l’on avait anticipés et d’autres que l’on avait absolument pas vu venir et qui peuvent nous prendre de cours.

Alors comment être sûr que l’on fait le bon choix? Partir pour être plus heureux ok mais si ce n’est finalement pas le cas? Cela arrive. Toutes les transitions sont difficiles. Et même quand on décide de partir. Les doutes, les repères qui changent. C’est un vrai chamboulement. Ce n’était pas ce qui était prévu au départ. Un tsunami. Et parfois aussi une évidence. Pas toujours confortable à assumer certes, au moins au départ. Étape par étape ensuite nous avançons vers un nouvel équilibre.

La tristesse de celui qui est quitté.

Nous n’avons pas envie de blesser une personne que l’on a aimé suffisamment fort pour faire des enfants. Nous ne sommes pas le méchant à partir et pourtant on le ressent souvent comme ça. La culpabilité obscurcie notre jugement. Nous ne pouvons pas changer l’autre quand nous sommes en couple, nous ne le pourrons encore moins séparés. Si l’autre est triste, malheureusement, cela n’est pas de notre ressort. Suivant la relation entretenue, proposer de l’aide, solliciter l’entourage est possible. Mais on ne sauve pas quelqu’un malgré lui. On ne sauve personne en fait. Étape par étape c’est à lui de décider d’avancer et de prendre son bonheur en mains, en temps voulu. Et pour les enfants cela peut être compliqué certes. A voir, à vivre. Ils peuvent en vouloir au parent qui part. C’est là que les mots comptent et que le dialogue est primordial. Ils peuvent entendre avec des mots simples que ce n’était pas ce que l’on souhaitait et que l’on s’inquiète aussi mais que cela ira bien progressivement. Verbaliser les libère et les rassure. Un accompagnement par un thérapeute peut aussi aider si l’on ne se sent pas capable.

C’est une grosse transition qui sera plus ou moins douce suivant la douleur et la gestion des parents. Se rappeler que les enfants sont la priorité est important. Ils sont au milieu même s’ils n’ont rien demandé. Plus ils auront des repères stables vite plus ils seront mieux. Retenez qu’il s’agit d’une transition pour tout le monde. Que cela ne résumera pas toute votre vie future. Les enfants ont une grande capacité d’adaptation, ce qui aide aussi énormément. Et ce qui compte c’est qu’ils sachent qu’ils sont aimé quoi qu’il arrive et pour toujours.

Quelle culpabilité vis a vis des enfants ?

On leur souhaite le meilleur et chaque enfant, au moins au départ souhaite avoir ses 2 parents ensemble. Mais quel schéma familial transmettons nous lorsqu’il n’y a plus d’amour? Quel image du couple leur montrerons nous?

Celle de l’indifférence si le conflit a cessé ? Ou celle des cris, des déchirements, d’un manque de respect ? D’adultère aussi dans certains cas?

Les enfants ne sont pas dupes. Ils voient et comprennent bien plus que ce que l’on souhaite. Ils savent. Ils sentent. Il suffit de voir leurs réactions, leurs cris et crises qui sont souvent plus fréquents quand les tensions entre les parents règnent.

Jamais de disputes alors?

Là aussi il s’agit d’une utopie, de croire que chaque couple sera d’accord en permanence. La vie est longue et les cailloux sur la route nombreux. Ce qui compte c’est le respect et l’engagement envers l’autre et envers la relation. Être là physiquement mais être parti dans son cœur et dans sa tête n’est jamais bon. Dire les choses et avancer en crevant l’abcès est une preuve d’envie d’aller de l’avant. Les enfants font très bien la différence entre un climat hostile répétitif et des désaccords, même houleux, qui font avancer.

Il y a une petite voix au fond de soi qui sait.

Qui sait ce qui est bon pour nous. A ce moment là. Juste à ce moment là. Et plus cette voix est forte, plus elle est récurrente et plus elle se fera entendre. On ne se réveille pas un matin avec une certitude, elle grandit au fond de soi, un peu chaque jour. Un malaise ou une tristesse, un manque. Une envie d’autre chose. Un manque d’envie de recoller les morceaux. Un manque d’énergie global. Un découragement.

On ne peut pas prévoir comment les choses vont se passer dans 6 mois, 12 mois, 2 ans. On ne peut que se concentrer sur l’ici et maintenant. La seule chose qui existe et sur laquelle on peut agir, c’est le présent.

Et puis on peut se tromper aussi.

J’ai mis 18 mois à être sûre de la décision. 18 mois pour panser des plaies. 18 mois pour sortir du déni, de la tristesse, de la colère. 18 mois pour faire le point. Certains le font avant de partir, d’autres après. Il n’y a pas d’ordre en fait. Les choses se déroulent selon chacun et selon son histoire.

Accepter que l’on ne contrôle pas tout, que ça se trouve on se plante, fait aussi partie du processus. Sans tester on ne sait pas avec certitude. C’est en vivant les choses qu’on s’adapte et qu’on décide.

Comment savoir? Comment être sûr ?

Pour ça, il faut vivre. Juste vivre. Et s’écouter. Au fond, on sait. Et on s’adapte aussi au fur et à mesure. Rien n’est gravé dans le marbre. Ni la décision de partir, ni celle de rester. Une relation est quelque chose de vivant et qui évolue dans le temps. Tout est une histoire de balance. Il y aura toujours des désaccords dans un couple. Nous sommes 2 personnes distinctes avec 2 histoires distinctes. Pouvons nous la majorité du temps trouver du plaisir à être ensemble ? Ou la balance penche-t-elle dans l’autre sens? Avons nous encore les mêmes envies et les mêmes valeurs?

C’est la société de consommation qui nous fait divorcer.

On prend et on jette. Vrai ou faux? Fait-on moins d’efforts aujourd’hui ou a-t-on le droit de se tromper? De recalibrer sa vie selon d’autres choix qui ne soient pas gravés dans le marbre ? Les enfants apprennent par l’erreur et nous aussi. Nous tâtonnons, nous avançons. Parfois ensemble et parfois non. Doit-on pour autant rester dans une situation sans issue pour respecter un engagement passé au risque de mourir un peu au passage ?

La garde alternée, le déchirement du cœur.

Oui , on ne fait pas des enfants pour les avoir la moitié du temps. La quantité devient de la qualité. Des moments précieux, comptés, savourés et préparés. Des moments à notre rythme à nous. Oui vraiment crevant parfois car sans relais disponible sous la main instantanément mais aussi sans cris. On se recrée une vie qui nous ressemble. Une vue alignée avec nos valeurs et nos envies. Une vie à notre image et qui nous apaise et qui du coup apaise les enfants au passage.

Etape par étape, les réponses arrivent et il est possible de se reconstruire. Je vous envoie plein de courage et de douceur pour ces étapes.

Stéphanie Saincy.

Laisser un commentaire

Please enter your comment!
Please enter your name here