Gérer notre colère.

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« Dans notre enfance, on ne nous a pas appris à considérer la colère comme un phénomène normal de la vie. On nous a appris à nous sentir coupable d’éprouver de la colère et d’avoir honte de l’exprimer. On nous a fait croire qu’être en colère, c’est être méchant. La colère n’était pas une simple infraction, c’était un crime. Avec nos enfants, nous essayons d’être patients; en fait, si patients que tôt ou tard nous explosons. Nous avons peur que notre colère puisse nuire à nos enfants alors que nous la retenons comme un plongeur retient son souffle. Toutefois, dans un cas comme dans l’autre la capacité de rétention est limitée.
Quand on se met en colère, on agit comme si l’on avait perdu la tête. On dit et on fait à nos enfants des choses qu’on hésiterait à infliger à un ennemi.on hurle, on insulte, on agresse. Quand la crise est passée, on se sent coupable et on prend la ferme résolution de ne jamais recommencer. Mais inévitablement, la colère frappe de nouveau, annulant nos bonnes intentions. Une fois de plus, on se déchaîne sur les personnes au bien-être desquelles nous avons consacré notre vie et notre fortune.
Tel un ouragan, la colère fait partie de la vie; il faut le reconnaître et s’y préparer.
Tout comme un monde qu’on voudrait en paix, un foyer paisible ne dépend pas d’une soudaine modification du degré de bienveillance de la nature humaine. Il repose sur des procédures appropriées qui réduisent méthodiquement les tensions avant qu’elles mènent​ à des explosions. Les parents ont bonne santé émotionnelle​ ne sont pas des saints. Ils sont conscients de leur colère et il la respecte. Ils utilisent leur colère comme une source d’information, une indication de leur bienveillance. Leurs paroles sont en accord avec leurs émotions. Ils ne cachent pas leurs sentiments. La colère parentale​ à sa place dans l’éducation d’un enfant. En fait, l’incapacité de se fâcher en certaines circonstances peut-être perçue par l’enfant comme de l’indifférence, non comme de la bonté.
Les personnes bienveillantes n’ont pas à éviter la colère à tout prix. Ce qui ne veut pas dire que les enfants sont capables de résister à des tsunamis de fureur et de violence, mais qu’ils peuvent supporter et comprendre une colère qui dit:  » ma tolérance a des limites. »
La colère doit être exprimée de façon à apporter un soulagement au parent, un éclairage à l’enfant, mais aucun effet secondaire nocif à qui que ce soit. »

Dr Haim G. Ginott, Extrait de « Entre parent et enfant. »

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