« J’étouffais pour toi – J’ai tout fait pour toi »

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j-etouffeLe syndrome de la bonne mère. 
La bonne mère, celle qui fait tout ce qu’il faut, celle qui donne tout, tout ce qui lui semble nécessaire, trop. Trop en faire, trop donner. Ce n’est pas juste, ni pour nous, ni pour l’enfant.

Donner ce dont il a besoin. Regarder. Observer. Donner ce dont il a besoin plus que ce que l’on croit devoir donner. Se centrer sur l’enfant, sortir du sacrifice de ce que l’on croit être une bonne mère ou un bon père. Ne faire ni plus ni moins que répondre à leurs besoins. Sortir de l’image stéréotypée des « je dois », « il faut ». Écouter l’enfant et s’adapter. Il n’existe pas une seule réponse. Elle change en fonction de chaque enfant, de chaque parent, de chaque âge, de chaque jour. Et c’est bien là ce qui est épuisant. Regarder. Observer. S’adapter. S’ADAPTER.
« La bonne mère est un stéréotype souvent figé » dit Filliozat.
Nous finissons par nous comporter en fonction de ce que l’on croit et non en fonction de ce qui est, de la réalité de la situation. On donne trop, mal, pas la bonne chose. Que d’énergie perdue ! On donne, on donne, on donne.
Oui, nous avons envie de bien faire, commençons par vraiment identifier les besoins de chacun. Et adaptons-nous à eux.
Vouloir être une bonne mère, un bon père amène à un nombre de sacrifices trop grand qui engendre de la rancœur envers nos enfants.
« En fait, elles seraient de meilleures mères si elles ne cherchaient pas tant à être bonnes. Quand une maman est trop préoccupée par l’idée de se montrer une bonne mère, elle n’écoute plus ses signaux intérieurs, identifie mal les vrais besoins, tant les siens que ceux de son enfant. »
En nous coupant de nos besoins, nous finissons par nous épuiser et par en vouloir à l’enfant, comme s’il nous en demandait trop. « Il nous faut donc apprendre à tolérer en nous une dose de culpabilité saine, qui nous permet d’être en rapport direct avec notre enfant et non avec des certitudes. » Savoir reconnaître juste de quoi il a besoin. Ni plus ni moins.
Accepter de prendre du temps pour nous, de savoir dire stop, de savoir dire non, de savoir nous dire oui : c’est primordial pour tenir le cap de bienveillance. Bienveillance envers nous, indispensable pour être bienveillant avec eux.
Nos besoins refoulés génèrent des émotions qui, si elles sont réprimées trop longtemps, vont sortir de façon violente, blessant au passage ceux qui sont autour de nous. Nos émotions sont à notre service. Elles sont là pour nous parler de nous, de nos besoins, les refouler. Les mettre à distance va juste les amplifier. Penser à soi, s’écouter chaque jour est la meilleure garantie d’être vraiment disponible et à l’écoute pour nos enfants. Nous leur offrons de la qualité en nous offrant de la qualité.

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On chemine ensemble.

Stéphanie Saincy.

6 Commentaires

  1. cela pourrait-il engendrer un asthme récurant qui a flambé à partir du moment où j’ai cessé mon activité professionnelle (institutrice en psychiatrie: autiste, psychotique et caractériel)
    si oui avez-vous une idée pour l’enrayer?
    merci belle soirée

  2. Merci pour cette article, maman d’un 2e petit mec depuis peu, je me perd et m’oublie complètement pour trouver le temps pour les 2… Au point où j’en veux a mon grand de ne pas me laisser tranquille et a mon bébé de ne pas me laisser de temps pour mon grand… Dur culpabilité…

  3. Je suis d’accord avec cet article mais je me demande bien comment faire ! Mon fils, qui n’aime pas dormir, et surtout pas seul, a besoin de sommeil, des qu’il est ronchon c’est de la fatigue. Si on essaye de ne pas le coucher il geint et ne supporte rien. Il a 10 mois maintenant. Donc quand il est avec moi (chez la nounou il ne dort presque pas), je reste avec lui pour qu’il fasse des siestes, et le soir l’endormissement est long car il faut attendre qu’il soit en sommeil profond pour le laisser.
    Et moi, bien sûr mon besoin à moi c’est d’avoir du temps pour moi, ne serais-ce que dîner !! Nous passons beaucoup de temps de qualité ensemble, il n’y a pas d’ecrans à la maison, pas de problèmes de santé, pas de raison identifiée à cet angoisse qu’il a d’être seul…et de se laisser aller dans le sommeil. Parfois j’ai envie de le « laisser pleurer » mais je suis contre ces méthodes…et avec mon mari c’est pareil, il s’endort dans les bras mais se réveille l’instant ou il est posé…j’aimerai penser que c’est une question de methode, mais c’est son tempérament je crois.
    Il faudra donc bien qu’un de nous « sacrifie » son besoin… dur dur

    • Essayez de mettre une bouillotte dans son lit avant de le poser une fois endormie. Si il a un doudou le poser contre lui une fois dans son lit ça simule la présence de maman ou papa.
      Bon courage.

    • et si c’était juste le fait qu’il soit un petit garçon de 10 mois? Qui a besoin de la sécurité d’être prêt de sa mère pour se laisser partir dans le sommeil…
      C’est juste très difficile tant que nos petits sont petits de reléguer nos besoins en arrières plan, parfois même très difficile!
      Mais heureusement, chaque nouvelle journée, semaine, mois qui passent, nous rapproche du moment où nous retrouverons notre « autonomie » et la possibilité de s’occuper de NOS besoins!
      Courage…

    • Je vis exactement la même chose que vous mais je suis seule à 100%pour gérer donc assez épuisée. ..Je n’ai pas du tout de temps pour moi

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