La comparaison et la compétition aident-elles les enfants à long terme?

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J’ai été élevée dans le culte de la compétition. Comme beaucoup d’entre nous. Une multitude d’activités et le besoin d’être bon. Sous prétexte de capacités sportives de rencontres amicales, il s’agit néanmoins de s’affronter les uns les autres. Ce qui est présenté comme anodin et stimulateur, ne l’a pas été pour moi. J’adorais ça, ou je pensais adoré ça. J’ai des souvenirs joyeux de compétions d’athlétisme, de natation, de gym, d’équitation, et pourtant je me souviens que ce que j’aimais c’était être avec mes copines et mes copains, le week-end en dehors de l’école. J’avais mal au ventre, j’étais pourtant douée ( en toute modestie, voir très douée! lol) mais je me souviens d’avoir pleuré avant les compétitions, pendant aussi. Je me souviens de m’être arrêtée en pleurs au milieu de la piscine en CP car je pensais être dernière, alors que j’étais devant. Je me souviens d’avoir été déçue de moi comparativement aux autres.

Aujourd’hui le monde actuel, est basé sur des évaluations permanentes et des évaluations extérieures guident nos vies. A l’école, au travail, et dans les loisirs aussi. Tout est fait pour que l’on se compare, pour qu’on se regarde les uns les autres, pour faire mieux que l’autre, pour que l’autre nous booste, nous tire vers le haut. Est ce que cela marche? J’ai un gros doute, pour ne pas dire un désaccord profond avec cette croyance.

En quoi développer le référentiel extérieur amène une satisfaction quelconque dans notre fort intérieur? Si on se mesure avec des forts, et que l’on échoue, allons nous focaliser sur le fait que nous nous sommes dépassés et que nous sommes allés plus loin que d’habitude, ou allons plutôt nous dire que ce n’était pas assez, qu’il sont plus forts? Et si nous nous comparons, ou entrons en compétition avec des plus faibles, quel mérite à gagner? Allons nous nous satisfaire de ce résultat qui ne prouve pas notre niveau mais juste le fait que nous pouvons dépasser l’autre?

N’est-il pas plus important de donner « tout ce qu’on a »? Sans penser à ce que font les autres, pour que ce ne soit ni décourageant ni limitant? Regarder les autres peut donner une info, nous permettre de nous situer oui, et encore cela est il nécessaire? Peut être dans notre société vous me direz, mais et si c’était ça le soucis? Etre adapté à une société malade plutôt que d’essayer de la changer en se changeant? Trop de compétition, pas assez de satisfaction personnelle, pas assez de valorisation, toujours plus car il y aura toujours plus fort? Et si notre éternelle insatisfaction venait du fait qu’au lieu de savoir ce qui nous va, nous regardons ce qu’ont les autres, comment ils font, à quel rythme et pourquoi? Plutôt que de reconnaître les qualités des autres, nous nous sentons inférieurs, car nous oublions notre propre valeur.

En stimulant la compétition des enfants, en les comparant les uns aux autres et dans la fratrie, nous n’aidons pas leur référentiel interne à se développer, ni leur capacité à être heureux d’eux-même, et pour eux même. Cela peut être stimulant pour certains, mais et si on apprenait plutôt à nos enfants à développer leur estime d’eux et leur confiance en eux? Pour qu’ils veuillent se dépasser et non dépasser l’autre. Pour qu’ils croient en eux et se donnent les moyens de leurs ambitions. Pour que leurs projets les nourrissent, et non plus seulement pour faire comme les autres, pour avoir comme les autres. Et si on s’intéressait à ce qui nous rend heureux, à ce qui les rend heureux? Pour que cette quête de bonheur soit plus importante que celle de dépasser l’autre…

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On chemine ensemble.

Stéphanie Saincy.

 

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