La fuite en avant.

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Trop occupé pour penser, trop occupé pour se poser. Trop occupé pour réfléchir et décider.

On court, on court, toujours plus. On s’en rajoute. On se dit que c’est ça la vie. On se flatte d’avoir une vie bien remplie. Ou on s’en plaint, mais rien ne change.

Car changer et ralentir, en retirer, ça veut dire laisser de l’espace pour voir les vrais problèmes, les vraies choses non réglées. Les choses douloureuses qu’on occulte en courant partout tout le temps.

Trop de sorties, trop de nourriture, trop de boissons, trop de boulot, trop de copains, trop de portable, de télé, de jeux, d’écran, de sport, de livres, trop de sommeil, trop de n’importe quoi.

Dès que nous passons dans le trop, dans l’excès c’est pour refuser de voir la vérité en face. Tout pour ne pas penser, ni panser nos plaies. On les ignore gentiment.

En blindant nos agendas, nos vies, nous refusons de prendre ce recul et de nous retrouver face à nous. Face aux décisions à prendre. Face à ce qui fait mal. Reculer un deuil, reculer un changement de vie, reculer un cap à franchir, reculer une prise de décision, une recherche de solutions.

On reste la tête dans la guidon nous persuadant que cette vie on la subit, ou à l’inverse que cette vie nous convient car être face à nos doutes et nos peurs nous fait trop mal. Et pendant un temps cette course effrénée peut être salutaire. Parfois c’est trop tôt, ça fait trop mal de regarder en face ce qui nous blesse ou nous a blessé. On ne veut pas voir, on se protège comme on peut, de nous, de l’autre, des changements. On cache le mal. On met de jolis pansements, de belles occupations pour ne pas voir la blessure en dessous. Et c’est sain aussi de fuir un peu, de façon temporaire. Même si de toutes façons on ne pourra pas fuir éternellement. Même si à un moment, on sera rattrapé, ou alors la vie va nous forcer à ralentir, on tombe malade, on se casse une jambe ou autre. Cette frénésie et cette fuite doit s’arrêter, notre corps finit par nous hurler ce que notre tête ne veut entendre. C’est dur, ça fait mal de régler les choses. De se retrouver face à soi. Un grand moment d’inconfort. Et une nécessité pourtant. La prise de décision est anxiogène et pourtant c’est seulement une fois que ces décisions sont prises que l’on peut arrêter de courir, arrêter de remplir nos vies, nos agendas pour enfin vivre cette vie calme et tranquille dont on rêve, car au final le bonheur c’est ça. Etre calme et tranquille. Profiter du moment et non chercher à en avoir toujours plus.

Alors si toi aussi tu es TROP dans quelque chose, demande toi dans quoi. Que fuis tu? Ralentis et regardes, fais du vide, accepte ce vide, car c’est lui qui va t’apporter les réponses. Bien sur ce sera un moment douloureux. Cela demande du courage de se retourner sur ce que l’on cherche à fuir. De voir panser ses plaies. Mais préfères-tu cette courses effrénée ou aspires-tu une bonne fois pour toute à regarder derrière toi et à affronter tes peurs? Pour enfin marcher et admirer le paysage au lieu de garder la tête dans le guidon avec un corps qui s’épuise à courir par peur et louper toutes les belles choses autour de toi.

Je sais c’est dur, je suis passée par là, mais vraiment ce qui t’attend derrière est magnifique. Tu n’as qu’une vie, elle t’appartient. Prends soin de toi. prends ce temps pour toi quand tu seras prêt. Je te fais la promesse que malgré la douleur que tu vas ressentir, tu seras enfin libre ensuite. Libre et heureux de ta vie et de tes choix. Le meilleur est à venir. Ralentis, marche doucement et retourne toi quand tu seras prêt. Personne en peut le faire pour toi. Ton bonheur dépend de toi. Tu as ce courage en toi. Crois en toi.

Belle journée.

Stéphanie Saincy

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