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Mon enfant se fait taper. Comment réagir ?

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Souvent bien désemparé devant son enfant malmené par la vie sociale, à juste titre, on se demande comment l’aider à affronter ça. Si nous soignons déjà les bobos du coeur et du corps, peut on l’aider à prévenir qu’ils surviennent ?
Je n’ai pas une réponse mais quelques pistes qui fonctionnent chez nous.
Qu’est ce qui fait que certains enfants se font taper et d’autres tapent ?
On sait déjà qu’avant 6 ans le cerveau immature ne permet pas aux enfants de gérer leurs émotions et la main peut partir facilement. Non par méchanceté mais par incapacité à se contrôler. Si ce geste n’est pas à tolérer, l’arrêter de façon calme est primordial. Taper un enfant qui tape ne fera que renforcer son comportement par mimétisme. Et cela est aussi une explication sur pourquoi un enfant tape. Un enfant qui tape nous dit aussi quelque chose, j’y reviendrai très vite dans un autre article.
Dans les relations sociales et en apprenant à vivre ensemble, les enfants sont parfois malmenés par trop de collectivité. L’enfant cherche sa place. Comme l’adulte au final, les rapports de pouvoir sont toujours une recherche de place. Quelle place je m’accorde ? Quelle place j’ai dans la classe, au bureau, dans ma famille? Et dans les rapports de force on retrouve souvent un « bourreau » et une « victime ». Tout est question d’équilibre dans la vie. Et quand un enfant (ou un adulte) laisse trop de place à l’autre en se plaçant en dessous, en position de victime d’une certaine façon, il permet à l’autre de se placer au dessus, et celui ci, même s’il peut avoir les meilleures intentions au départ, deviendra un bourreau. L’espace doit être occupé. Personne n’est méchant, la nature a besoin d’équilibre. Et laisser trop de place à l’autre est donc préjudiciable à chacun.
Comment faire pour que mon enfant ne se place pas en dessous? Ce qui va faire qu’il prend sa place, ce sera la confiance en lui. Hyper facile à dire hein. Et comment aide t on l’enfant à gagner en confiance ?
En lui offrant des choix, de l’autonomie, de la liberté, et une sécurité intérieure. Ce qui fait qu’un enfant sera confiant, c’est déjà en prenant du pouvoir sur lui, sur sa vie. Participer, coopérer. Agir pour lui, et pour l’autre. Que son avis compte. Qu’il soit écouté. Tout en lui permettant de vivre ses émotions et non en lui évitant. C’est en sachant qu’il va survivre à son émotion de peur, de tristesse, de colère qu’il gagnera en confiance en lui. Et non en lui évitant d’y être confronté.
Alors quelles consignes et comment aider mon enfant face à celui qui le tape?
Déjà l’aider au quotidien à gagner en confiance en lui permettant de trouver sa place au sein de sa famille.
Lui offrir l’autonomie dont il a besoin pour grandir et se prouver sa valeur.
Lui accorder la possibilité de dire non au sein de sa famille. Pour qu’il se le permette dehors. Pour qu’il sache dire stop face à un comportement violent qui ne lui convient pas.
Lui permettre d’en parler si cela arrive, qu’il vide son sac et qu’il digère. Lui donner confiance dans sa capacité à gérer la prochaine fois.
Lui expliquer qu’il peut aussi compter sur les adultes autour. Que sa sécurité est une priorité. Et que si, dire stop, et s’imposer ne suffit pas, il doit s’éloigner. Et que si cela ne suffit toujours pas, un adulte l’aidera à calmer le jeu.
Et c’est valable au parc, ou à l’école. Partout dehors. Si nous intervenons sans cesse pour notre enfant sans lui laisser la possibilité de se défendre seul, il finira par croire qu’il en est incapable lui même. Nous avons tous envie de protéger nos enfants. Je ne peux plus compter combien de fois mon sang n’a fait qu’un tour devant une altercation. Prête à bondir si besoin, dans les starting blocks, je me retiens d’intervenir trop tôt tant qu’elles gèrent. Je les vois sortir les griffes, rugir comme un lion pour faire peur à leur tour, courir en sens inverse, s’imposer, prendre leur place. Et quand c’est trop pour elles, revenir vers moi, se recharger et repartir affronter la situation, ou demander mon aide parfois, rarement finalement. La maman lionne en moi a envie de bondir, mais je me retiens, je sais que cela fait partie aussi de l’apprentissage, que ce sont elles qui doivent bondir pour se sauver elles mêmes, tout en restant en alerte et disponible au moindre coup d’œil inquiet. Se sentir protéger est aussi important que savoir que l’on est capable de régler le soucis par soi même. Et quelle belle victoire quand elles se sortent la tête haute d’une situation épineuse. Je sais que chaque fois, elle gagne en pouvoir personnel. Et ce visage rayonnant ensuite vaut bien le prix de toutes mes interventions refoulées.
Et parfois courir fait partie de la survie aussi. Nul besoin de mener des batailles qui seront perdues d’avance avec un enfant beaucoup plus grand par exemple. Et puis apprendre aussi que parfois tourner les talons économise de l’énergie plutôt que d’en gâcher dans un combat futile. Sortir la tête haute plutôt que foncer tête baissée, c’est aussi se préserver. Il ne s’agit pas d’un aveu de faiblesse mais d’une gestion de soi admirable.
C’est pour ça que malgré les accrochages au parc, j’aime y aller, et elles aussi, car elles se heurtent aux réalités de la vie tout en sachant que je ne suis pas loin en cas de besoin.
Le 1 er travail se fait à la maison, et la vie dehors ensuite est une mise en application.
Aidons les a trouver la force en eux pour se protéger.
Belle journée.
Stéphanie

3 Commentaires

  1. Je ne souhaite qu’une chose : qu’il ne se laisse jamais marcher sur les pieds et qu’il ait le caractère de son père, tout en respectant les autres bien sûr.
    Petite, j’étais une « chouchoute », la plus mauvaise place, et j’ai bien morflé (j’en parle sur mon blog d’ailleurs).
    Espérons qu’il soit toujours heureux d’aller à l’école…

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