Pourquoi faire sans punition?

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La majorité des parents d’aujourd’hui a été élevée dans un système punitif. Où le parent avait l’ascendant sur l’enfant. Où l’enfant subissait l’autorité parentale, sans avoir accès à son libre arbitre.

Pourquoi faire autrement?

 

A la lumière des dernières découvertes en neurosciences, le Dr Catherine Gueguen nous dit que « L’éducation sévère et punitive altère le développement cérébral et conduit à des troubles très importants du comportement. »

Changer cette façon de faire est un des piliers de l’éducation bienveillante.

Que donne l’éducation punitive?

COURT TERME / LONG TERME.

La punition fonctionne. C’est un fait. Quand la sanction tombe, l’enfant capitule sous le poids de l’adulte. A court terme! La punition arrête l’action de façon quasi immédiate, et l’on serait tenté de se dire que c’est effectivement génial. Elle a une action à court terme. Mais qu’enseigne-t-elle à l’enfant à long terme?

La punition, c’est le retrait de privilèges, l’isolement ou encore de la violence physique et/ou verbale. La punition est une RÉACTION et non une ACTION. L’adulte excédé, perd le contrôle de lui même, et se lâche sur l’enfant. Non seulement dans ce cas là, nous voyant perdre pied cela inquiète l’enfant mais en plus cela lui montre comme exemple que l’on peut s’en prendre à plus faible que soi et que la recherche du coupable est plus importante que la réparation de l’erreur. A long terme, l’enfant éduqué dans un système punitif cherchera toujours un référent extérieur pour lui poser des limites. N’ayant jamais fait l’expérience par lui même de ce qui est souhaitable ou pas, ayant toujours eu quelqu’un pour décider du « bien ou du mal », il n’aura pas développé son référentiel interne, et aura plus de mal à penser par lui même.

CONTRÔLE ET SOUMISSION.

Pour beaucoup encore, discipliner les enfants est synonyme de dominer. Apprendre l’autorité serait donc faire tout ce que demande l’adulte. S’y soumettre. L’adulte se place alors en position de supériorité, et l’enfant est automatiquement inférieur. Soumettre l’enfant, c’est comme lui couper l’herbe sous le pied, ne pas lui faire confiance pour bien faire, partir du principe que sans nous, il n’est pas capable d’agir en conscience en prenant soin de l’environnement autour de lui. En pensant ça de lui, nous lui transmettons cette croyance.

L’enfant qui accepte cette autorité développera 2 croyances:

La première: « Je ne suis pas capable de bien faire » qui diminuera sa confiance et son estime de lui.

Et la seconde, « J’attends qu’on me dise ce qui est juste ou pas »  créant ainsi, non pas un être pensant mais une jolie marionnette à notre image.

Qu’arrivera-t-il alors quand personne ne lui dira quoi faire ou quand nous avons le dos tourné?

DÉRESPONSABILISATION.

Souvent la punition  n’est pas en lien avec le problème rencontré. L’enfant n’apprend donc pas à assumer ses actes ni à les réparer. Il n’aura pas à faire face aux dégâts causés. Et pourtant, affronter les conséquences de nos actes est bien ce qui donne moins envie de recommencer car cela permet de mesurer le tort causé.

Etre mis face à nos responsabilités permet aussi de stimuler notre empathie et de trouver la juste réparation. Nous sortons d’un rôle passif pour entrer dans une autodiscipline active.

REVANCHE / RÉBELLION.

La punition, pouvant paraître aléatoire lorsqu’elle n’est pas en lien avec l’erreur commise ou disproportionnée pour l’enfant, va nourrir un sentiment d’injustice. Celui ci est d’autant plus important que l’adulte se place dans une position de toute puissance où il aura toujours raison. L’enfant ainsi rabaissé, voit son estime personnelle en prendre encore un coup. Il cherchera donc, en réparation, à reproduire la situation sans se faire prendre cette fois ci.

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On chemine ensemble.

Stéphanie Saincy.

 

5 Commentaires

  1. Bonjour, avez vous des astuces à me donner , j ai un petit garçon de 4 ans qui est très speed et qui n écoute pas 20 fois on lui demande d’arrêter de courir dans la maison, de se calmer . On ne sait plus trop quoi et comment lui dire . Merci d avance

  2. Bonjour,
    Pour ma part je ne suis pas tellement d’accord avec cet article. Je pense qu’il vaut mieux éviter les punitions pour permettre à l’enfant de se rendre compte de lui-même de ses erreurs et de les corriger, malheureusement c’est loin de fonctionner à chaque fois. j’ai de nombreux exemples d’enfants non punis qui se retrouvent ensuite sans limites et sans appréhension de bien et de mal une fois adultes. Et inversement….
    Si la punition est bannie, il faut trouver autre chose qui fasse prendre conscience à l’enfant des notions de bien et de mal, et surtout qui lui donne envie de les respecter (car savoir ne veut pas forcément dire agir dans le bon sens). Quelle serait la solution idéale…je ne sais pas. Mais il ne suffit pas de simplement supprimer la punition, c’est mon avis.

  3. Je suis pour ma part tout à fait d’accord avec cet article. Ça me fait même du bien de voir cela écrit noir sur blanc. La punition n’apporte rien de bon à l’enfant. Encore trop de gens utilisent ce moyen par facilité. C’est encore plus difficile, fatiguant, parfois même désespérant de parler et encore parler à ses enfants pour leur expliquer ce qui est bien et ce qui ne l’est pas. Mais je suis persuadée qu’ils en tireront des bénéfices une fois adultes !

  4. J’ai assisté à sa conférence hier soir et, oui, se rendre compte des effets négatifs des punitions sur le cerveau de nos petits loups fait réfléchir.

    Je vais vite lire le petit cahier d’exercice de communication non violente ainsi que le livre de mme Gueguen « vivre heureux avec son enfant » pour continuer à améliorer mon comportement auprès des enfants.

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