Tu seras un homme mon fils.

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Ne pleure pas. Sois fort. Tu n’as pas mal.

La plupart des hommes d’aujourd’hui ont été élevés comme des casse cous. Des audacieux, des courageux, des brutes, des téméraires. Des irresponsables aussi. Des fous-fous. Des bagarreurs, des castagneurs. Des pantouflards. Des pachas. Je les vois en consultation : le corps raide, fort, dur, crispé, tout en retenue. Ils se retiennent et ils n’ont pas accès à leurs émotions car nous ne le leur avons pas permis. Car, enfants, ils ont entendu sans cesse que « un garçon, ça ne pleure pas ». Alors ils se sont coupés de leurs émotions. Nous ne leur demandons pas leur état d’âme, nous leur avons demandé de se préparer à assumer un foyer. Mais pourquoi pensons-nous qu’assumer un foyer veut dire ne rien ressentir ? Dans quel monde vivions-nous pour croire que l’émotion doit être refoulée pour ne pas bloquer ? Au contraire, quelle force spectaculaire nous ressentons quand nous dépassons notre émotion. Quand nous avons le courage de dépasser notre peur. Quand nous verbalisons notre colère pour faire avancer la relation sans attendre que cette colère sorte avec violence. Quand nous surmontons un chagrin ou une perte, quand la vie continue et que nous poursuivons notre chemin.

L’émotion dérange, encore plus pour les hommes. Ils sont dans un carcan, enfermés dans l’image que nous voulons qu’ils soient. Forts et puissants, les patriarches. Et s’il y a vraiment une part de masculin sacré qui agit et qui est physiologique et hormonalement logique, refouler leurs émotions n’en fait pas partie. Quand une émotion est enfouie, elle fissure la carapace. Le corps va se rigidifier pour pallier cela et la tête aussi. L’ouverture d’esprit disparaît avec la fissure. Voulez-vous élever des hommes froids et distants, qui à force de se couper de leurs émotions et de les enfouir seront un amas de rigidité pour ne rien laisser paraître des blessures qui les habitent ? Et si on laissait les garçons pleurer et avoir peur, prendre leur temps ? Et si on comprenait que même si leur façon de faire n’est pas similaire aux filles, ils éprouvent un tas d’émotions aussi incontrôlables qu’elles : la même joie, la même peur, la tristesse ou la colère. La honte est aussi embarrassante pour eux. Et pour eux, comme pour les filles, l’apprentissage n’est pas le refoulement mais bien celui de surmonter son émotion et de grandir. Accepter l’émotion et la dépasser. Se sentir fort d’avoir survécu à cette épreuve plutôt que de se croire fort en l’ayant reniée.

Le masculin sacré, c’est être soi-même et pour se connaître et s’assumer, il est important d’être en lien avec son émotion. Le masculin sacré, c’est aussi la responsabilité de ses sentiments et de ses émotions, donc de ses actes. L’homme dans le masculin sacré est à la fois force et douceur. Et oui douceur, car en plus de représenter la protection et l’abondance, la dynamique, le masculin sacré est aussi la générosité et  la protection des plus faibles. Et pour être fort, quoi de plus fondamental que la gestion de ses émotions ? Lorsque nous lui apprenons que les émotions sont négatives, non seulement nous le fragilisons mais en plus nous lui envoyons le message que les filles sont niaises et peureuses, qu’elles sont faibles puisqu’elles ont des émotions. Le masculin sacré accepte d’être sur un pied d’égalité avec la femme, il a conscience de sa force et n’a pas besoin de rabaisser pour se sentir fort. Il a confiance en lui. Il ne cherchera pas alors à contrôler la femme mais bien à l’honorer et l’encourager. Ayant assez confiance en lui, il n’aura pas non plus besoin de se mettre en compétition avec les autres hommes. Loin du combat de coqs, il reconnait la valeur intrinsèque de chacun et il exprime sa propre identité.

Alors et si, pour arriver à cela, nous écoutions juste les émotions de ces chers garçons pour que, de générations en générations, ils s’ouvrent à eux et au monde de plus en plus, sans penser que pleurer est une faiblesse, sans rabaisser la femme.

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On chemine ensemble.

Stéphanie Saincy.

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